Architecture Contemporaine Remarquable

Publié le 05.09.2018
La commission régionale du patrimoine et des sites d’Île-de-France du 24 novembre 2016 a attribué le label « patrimoine du XXe siècle » devenu « Architecture Contemporaine remarquable » à une série de 10 édifices issus des grands chantiers lancés et/ou promus par les présidents de la Ve République, qui ont marqué l’engagement de l’État dans les politiques culturelles et d’aménagement urbain.

Bibliothèque nationale de France

Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou

Institut du monde arabe

Les Folies

Musée du quai Branly

Musée du quai Branly

Musée du quai Branly

La Ve République depuis 1958, et particulièrement depuis l’élection de son président au suffrage universel direct à partir de 1962 a renforcé considérablement la position du chef de l’État au regard de son rôle politique comme de son statut symbolique. A ce titre, chacun des présidents a souhaité laisser sa marque par la construction d’édifices remarquables dans la capitale en s’inscrivant dans la continuité du patrimoine monumental du pays.

Plusieurs bâtiments sont donc aujourd’hui emblématiques des présidences successives. Presque tous à vocation culturelle, cette politique volontariste constitue une véritable relance dans ce domaine depuis la construction des grands musées provinciaux au XIXe siècle et la réalisation de bâtiments pour des expositions universelles.

Le premier de ces chantiers, la Maison de la Radio, montre l’importance des mutations liées aux communications, enjeu politique majeur dont le Général de Gaulle s’était immédiatement emparé lors de son accession au pouvoir. Lancé à l’initiative du président Pompidou au début de la décennie suivante, le projet du centre Beaubourg est un équipement culturel exceptionnel et innovant à de nombreux points de vue, de sa programmation jusqu’à sa construction,

C’est au cours des quatorze années de présidence de François Mitterrand, que cette politique volontariste dans le domaine architectural atteindra son apogée, même si certains projets avaient été lancés sous Valéry Giscard d’Estaing, comme le projet de musée consacré à l’art du XIXe siècle dans l’ancienne gare d’Orsay ou la Cité des Sciences dans les anciens abattoirs de la Villette.

Cette politique dite « des Grands Travaux », inscrite au Plan, affichée dès la première conférence de presse du président élu en 1981 et confirmée à l’approche des festivités du bicentenaire de la Révolution française, est soutenue par la création d’un secrétariat d’État aux Grands Travaux (1988-1992), placé sous l’autorité du ministère de la Culture.

La définition des programmes, les concours (non systématiques), le choix des architectes comme les formes architecturales retenues sont parties intégrantes de l’histoire de cette période de production, qui a concerné également l’ensemble du pays, avec la rénovation de nombreux musées des beaux-arts dans les capitales régionales et l’implantation de nouveaux équipements culturels à travers la France. La politique des Grands Travaux a également inspiré à certaines villes des projets de rénovation, portées par la dynamique insufflée par la visibilité et la publicité des opérations nationales.

Deux des grands projets concernent la construction de ministères relocalisés, programmes nouveaux depuis la construction de l’hôtel du ministre des Affaires étrangères, quai d’Orsay, entre 1844 et 1856 et celle du ministère de l’Air en 1934. Dans le cadre du projet du « Grand Louvre », le ministère de l’Économie et des Finances est ainsi construit à Bercy, tandis que l’Équipement, le Logement, les Transports et la Mer intègrent l’Arche de La Défense en 1989. Ce premier ministère implanté hors de Paris souligne le dépassement de la limite de Paris intra-muros et consacre le quartier de la Défense comme une pierre angulaire d’une vision métropolitaine, vision portée dès le début de la Ve République.

L’institutionnalisation des Grands Travaux est abandonnée à l’arrivée de Jacques Chirac au pouvoir, qui souhaite lancer un dernier grand chantier : le projet de musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie et d’Océanie et des Amériques, sur le quai Branly, qui fait l’objet d’un concours en 1999.