100 ans du Bauhaus : l’impact du mouvement sur l’architecture en France

Publié le 19.08.2019

École d’architecture et d’arts appliqués, le Bauhaus est fondé par l’architecte allemand Walter Gropius à Weimar en 1919. Il propose de réformer l’enseignement en introduisant une nouvelle pédagogie qui favorise la pluridisciplinarité, le dialogue et la complémentarité entre artistes, artisans, architectes et monde de l’industrie. Sur le plan stylistique, le Bauhaus se caractérise par ses espaces rationnels et fonctionnels et son refus de l’ornementation. Il privilégie les lignes droites, les formes géométriques et le refus du superflu. Considéré comme une référence de l’histoire de l’architecture, de l’art et du design du XXe siècle, ce mouvement qui souhaitait créer un monde meilleur et améliorer la vie des citoyens a été porté par de grandes figures telles que Ludwig Mies van der Rohe, Paul Klee ou Vassilly Kandinsky. En 1933, le mouvement qualifié de « dégénéré » par le régime nazi est contraint à la dissolution. En 2019, le Bauhaus fête les 100 ans de sa fondation, l’occasion d’interroger son impact sur l’architecture et la création artistique en France.


Station de ski de Flaine. Architecte : Marcel Breuer.

En France, une influence diffuse

Le Bauhaus a inspiré des générations d’architectes à travers le monde et favorisé l’émergence d’un « style international » qui privilégie le recours au verre et à l’acier dans la construction d’édifices sobres et fonctionnels.

Si les contacts entre architectes français et du Bauhaus sont fréquents à partir de la fin des années 1920, l’influence directe du mouvement demeure relativement diffuse dans notre pays. Le Corbusier, architecte référence des années 1920 qui avait rencontré Walter Gropius en 1923, a consacré plusieurs articles au Bauhaus dans sa revue L’Esprit nouveau. S’il saluait certains de ses partis pris, il l’observait cependant avec un regard critique.

Plusieurs figures directement issues des rangs du Bauhaus ont laissé leur empreinte sur le patrimoine français. C’est le cas de l’architecte américano-hongrois Marcel Breuer (1902-1981), élève puis enseignant au Bauhaus et auteur de la Maison de l’UNESCO à Paris en 1958, qui édifie à Flaine en Haute-Savoie, un ensemble en béton brut surplombant un précipice inspiré de ses préceptes (aujourd’hui inscrit au titre des monuments historiques).

L’influence du mouvement se ressent également dans certaines réalisations de l’architecte Robert Mallet-Stevens, à l’image de la Villa Noailles à Hyères (1923-1925), labellisée « Architecture contemporaine remarquable » par le ministère de la Culture, de la Villa Cavrois à Croix (1929-1932), classée au titre des monument historique en 1990, et de ses villas parisiennes aux volumes cubistes et aux larges baies construites dans la rue Mallet-Stevens du XVIe arrondissement en 1927.


Villa Cavrois, Croix. Architecte : Robert Mallet-Stevens.


Un impact plus sensible sur le milieu de l’art

Au-delà de l’architecture, le milieu de l’art semble avoir été davantage marqué par l’influence du mouvement. Dans les années 1920, les contacts entre les milieux artistiques de Paris et de Weimar, puis de Dessau étaient fréquents. Tristan Tzara et Robert Delaunay correspondaient par exemple avec Paul Klee, Hans Arp avait étudié à Dessau et Marc Chagall était membre du conseil d’administration du « Cercle des amis du Bauhaus ».

Aujourd’hui, l’influence du Bauhaus se fait surtout sentir dans les milieux du design et de la mode. En 2016, le musée des Arts décoratifs de Paris a organisé une grande exposition intitulée « L’Esprit Bauhaus » qui montre cette influence sur la création contemporaine.