Architecture du quotidien : autres équipements

Publié le 20.08.2020
Organisées par le ministère de la Culture, les Journées nationales de l’architecture se dérouleront les 16, 17 et 18 octobre 2020. Pour cette 5e édition, l’attention sera portée sur les bâtiments que nous fréquentons tous les jours, représentatifs de “l’architecture du quotidien”. Après deux premières séries centrées sur les équipements sportifs et les équipements culturels, découvrez la troisième consacrée aux “autres équipements” (écoles, universités, centres de congrès…), illustrée par cinq exemples à Toulouse, Metz, Villefranche-sur-mer, Le Petit-Quevilly et Le Havre.

Metz Congrès-Robert Schuman (Metz, Grand Est)

Conçu par l’agence d’architecture Wilmotte & Associés et inauguré en 2018, le centre de congrès de Metz allie sobriété et fonctionnalité. Bâti en face du centre Pompidou-Metz et relié à la gare de TGV par une bande paysagère, il dispose d’un emplacement stratégique et symbolique, marquant l’entrée du nouveau quartier de l’Amphithéâtre. Il forme un trait d’union entre l’architecture historique du centre de Metz et celle contemporaine de cette zone en pleine métamorphose. 

Metz Congrès-Robert Schuman se déploie sur 15 300 m² et 5 niveaux : un rez-de-chaussée, un rez-de-parvis, deux niveaux supérieurs et une mezzanine, chaque étage étant destiné à une programmation différente. Dans sa partie nord, le bâtiment abrite les zones d’exposition pouvant accueillir jusqu’à 210 stands, et au sud, les espaces logistiques et techniques, ainsi que l’auditorium de 1 200 places. Sa modularité facilite les reconfigurations selon les usages et les événements programmés. Ouvert sur la ville, l’édifice offre différentes vues panoramiques sur la capitale mosellane, notamment sur le centre Pompidou-Metz, la cathédrale Saint-Etienne, ou la gare et son architecture wilhelmienne.

À l’extérieur, la façade du centre de congrès de Metz est couverte d’un rideau sculpté “sous forme de lames de pierre de Jaumont”, en hommage à ce matériau caractéristique du patrimoine architectural messin. Disposées verticalement, ces lames forment un maillage perforé, alternant opacité et transparence. Elles rompent avec la volumétrie monolithique et longiligne du bâtiment et lui donnent une allure légère et élancée. À l’intérieur, ce rideau crée un jeu d’ombres portées et laisse entrer la lumière naturelle, comme un écho à la cathédrale. Sur les deux largeurs du bâtiment, la pierre cède la place à de grandes parois vitrées.

Metz congrès-Robert Schuman , 100 rue aux Arènes, 57 000 Metz 

 

L’école d’économie de Toulouse - Toulouse School of Economics (TSE) (Toulouse, Occitanie) 

Historiquement installée dans l’ancienne manufacture des tabacs de la capitale occitane, l’école d’économie de Toulouse souhaitait se doter d’un nouvel édifice destiné à incarner son excellence académique en matière de recherche économique et à accroître son rayonnement international. Inauguré en décembre 2019 en bordure du canal de Brienne, sur le campus de l’université Toulouse Capitole 1 dans le quartier de Saint-Pierre, le nouveau bâtiment de la Toulouse School of Economics (TSE) a été conçu par le duo d’architectes irlandaises Yvonne Farrell et Shelley McNamara, cofondatrices de l’agence dublinoise Grafton Architects.

Cet édifice imposant de 24 mètres de haut compte six étages et deux niveaux de sous-sol. À l’extérieur, ses trois ailes sont encadrées par six puissants pignons de 12 mètres de large et de 20 à 24 mètres de haut et parées de 300 000 briques roses toulousaines produites par la briqueterie du Savès. Le recours à ce matériau emblématique de l’architecture toulousaine pour habiller les 3 000 m² de surface permet à l’édifice de s’insérer harmonieusement dans le contexte de ce quartier des quais de la Garonne et lui offre un nouvel emblème architectural. Un portique monumental marque l’entrée du bâtiment. Il est surmonté d’une passerelle suspendue de deux niveaux reliant deux ailes. Hérissée d’une colonnade de briques, elle rend hommage aux cloîtres toulousains et laisse filtrer la lumière intérieure à la nuit tombée. 

L’édifice peut accueillir 2 000 étudiants, dont 700 étudiants étrangers et 150 chercheurs à plein temps. Il abrite 6 amphithéâtres de 40 à 150 places. À l’intérieur, il fait la part belle aux espaces ouverts, aux patios et aux terrasses et offre des vues sur le canal et la ville depuis ses grandes baies vitrées. Également auteures de l’Institut Mines-Télécom de Paris-Saclay, Yvonne Farrell et Shelley McNamara ont reçu le prix Pritzker 2020, devenant le premier duo féminin à obtenir cette distinction.

École d’économie de Toulouse , 1 ter rue de la Boule, 31 000 Toulouse 

 

Le pôle éducatif et familial Molière (Le Havre, Normandie)

Conçu par ACAUM Architectes (agence mandataire) et l’atelier Bettinger-Desplanques Architectes (agence associée), le pôle éducatif et familial Molière se présente comme « une école du XXIe siècle » et un « lieu de vie dédié à l'enfance, aux loisirs et aux familles ». Inauguré au Havre en 2014, il réunit dans un même lieu une école maternelle et élémentaire, un centre de loisirs, un espace dédié à l’accueil périscolaire, un pôle de restauration, un lieu d'accueil enfants-parents et un relai d’assistants maternels. Le pôle Molière est ainsi accessible toute l’année et vit au rythme des temps de l’enfant (scolaire, périscolaire et vacances), chaque bloc correspondant à un usage différent. 

Sur le plan architectural, ce projet de 5 400 m² dont 3 955 m² de surface utile conjugue mise en valeur du patrimoine et extension contemporaine. Il s’organise autour d’une ancienne friche industrielle qui accueillait les écuries du port du Havre. Située au centre de l’ensemble, elle représente « la colonne vertébrale du projet ». La structure du bâtiment d’origine a presque entièrement été reconstituée et remplacée par des poteaux métalliques et des poutres treillis en bois lamellé-collé. Les parois extérieures de cette nef à la silhouette longiligne sont recouvertes d’une peau en acier Corten, dont les teintes et l’aspect brut font écho au passé industriel et à l’histoire navale de ce lieu. À l’intérieur, des panneaux en bois de pin maritime contreplaqué habillent les murs et les plafonds des espaces communs, tandis que des panneaux conçus à partir de fibre de bois recouvrent les faux-plafonds. Également en bois, le mobilier et la signalétique offrent une grand unité de ton et une ambiance chaleureuse à l’ensemble. Les cours de récréation ont été construites entre la nef et l’immeuble voisin afin d’être abritées du vent. 

Cet équipement public de proximité conçu pour accueillir 525 élèves se veut également ouvert sur la ville. Il forme un trait d’union entre les nouvelles constructions adjacentes et le centre historique du quartier Saint-Nicolas. Ses matériaux ont été sélectionnés pour leur qualité écologique, notamment pour leur faible teneur en COV. Le pôle éducatif et familial Molière a obtenu le grand prix d’architecture et d’urbanisme de Haute-Normandie 2016, remis par le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Maritime. 

Le pôle éducatif et familial Molière, 31 rue Amiral Courbet, 76 600 Le Havre 

 

Le centre d’hébergement de l’institut de la mer (Villefranche-sur-mer, Provence-Alpes-Côte d’Azur)

L’institut de la mer de Villefranche-sur-mer (IMEV) est une école et un centre de recherche rattaché à l’Université Pierre et Marie Curie et placé sous la tutelle du CNRS. Il constitue l’un des principaux campus français spécialisés en sciences de la mer. Il est bâti sur le site de la darse de Villefranche-sur-mer, une zone connue pour la richesse de sa biodiversité sous-marine et qui accueillait déjà un observatoire océanologique en 1809. Imaginé par l’agence niçoise CAB Architectes, le centre d’hébergement de l’IMEV situé derrière un bâtiment de recherche a été inauguré en 2018. Bâti à flanc de falaise, le nouvel ensemble a su tirer profit de la géographie contrainte du site. Conçu en béton brut, comme en écho à la roche de la colline, il s’insère harmonieusement dans l’ensemble patrimonial de l’institut. 

Ses deux premiers niveaux abritent les locaux techniques et de service, les laboratoires d’observation océanologique et les places de stationnement, tandis que le troisième est réservé aux espaces d’accueil et de convivialité. Au-dessus, deux équerres en béton de volumes équivalents se superposent. Tournées l’une vers l’autre, elles forment un cloître et offrent de magnifiques vues sur la colline et la mer. Encastrée dans le terrain, la première équerre accueille les salles communes, distribuées en L autour du patio. Celle située au dernier étage fait face à la mer et franchit 30 mètres sans appui intermédiaire, tel un pont. Elle abrite les 44 chambres doubles ou individuelles destinées à l’hébergement des chercheurs, accessibles depuis des coursives extérieures. Chaque chambre dispose d’un balcon partagé avec la chambre mitoyenne et bordé sur ses trois côtés par des brise-soleil horizontaux. Conçus en tôle d’acier, ces derniers s’ouvrent et se replient latéralement, formant des brise-vue sur les côtés. 
La conception bioclimatique du bâtiment lui permet d’être peu gourmand en énergie. Dans le vide généré par le franchissement du dernier étage, un bassin de 30 mètres rafraîchit la température du patio et des espaces de vie collective, lorsque leurs vitres sont ouvertes. Le recours au béton, la construction semi-enterrée du bâtiment et ses toitures-terrasses végétalisées renforcent son inertie thermique. Le chauffage et la climatisation sont fournis par un système basés sur la géothermie, tandis que l’eau chaude des sanitaires est produite par des panneaux solaires. En 2019, le centre d’hébergement pour chercheur de l’institut de la mer a obtenu l’Archi Design Club Award et le prix d'architectures d'a.

Le centre d’hébergement de l’institut de la mer (IMEV), 284 chemin du Lazaret , 06 230 Villefranche-sur-mer

 

Siège du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Maritime (Le Petit-Quevilly, Normandie)

Autrefois Locataire de petits locaux à Rouen, le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Maritime (CAUE 76) acquiert une ancienne demeure bourgeoise en brique bâtie du XIXe siècle située au Petit-Quevilly dans les années 2000. Confié à l’architecte Philippe Protois de l'agence d’architecture Aliquante, le projet prévoit sa réhabilitation, son adaptation aux exigences de sécurité et la construction d’une extension. 

Ses décorations intérieures (escalier, têtes sculptées, corniches…) sont mises en valeur, tandis que les murs et les façades font l’objet de percements pour augmenter la luminosité. La petite cour intérieure autrefois fermée sert aujourd’hui de galerie d’accueil et d’articulation avec l’extension contemporaine. D’une surface de 400 m², cette dernière est conçue en ossature bois et recouverte d’un bardage en mélèze. En son centre, un percement en acier oxydé Corten signale la nouvelle entrée du bâtiment et ouvre sur la rue et le quartier « cet édifice autrefois introverti ». Bâtie dans une démarche bioclimatique, cette extension est surplombée d’un toit végétalisé et dotée d’un système de récupération des eaux de pluie. 

À l’extérieur, le parc de 2 800 m² planté d’arbres anciens a été préservé et mis en valeur à travers un aménagement paysager sobre et contemporain, dont les plaques d’acier Corten des murets et des massifs rappellent l’entrée de l’extension. L’ensemble reflète les missions du CAUE entre respect et valorisation du patrimoine architectural et restructuration urbaine. Il devient la vitrine de son savoir-faire.

Siège du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Maritime (CAUE 76), 27 rue François Mitterrand, 76 140 Le Petit-Quevilly