L'architecture en bref

Publié le 09.08.2019

« L’architecture est une expression de la culture [1] ». En contribuant à l’évolution et à la fabrication de nos lieux de vie, elle vise l’amélioration de la qualité du cadre de vie et prend en compte des enjeux extrêmement diversifiés, depuis la qualité d’usage des logements jusqu’aux nécessités de la transition écologique, en passant par le renouvellement urbain.

L’architecture est également un acteur économique majeur du secteur de la Culture. Elle représente 10 % de ses emplois et 8 % de son chiffre d’affaires. Mais qu’est-ce que l’architecture ? Comment le ministère de la Culture et les différents acteurs institutionnels œuvrent pour sa mise en valeur culturelle, économique, environnementale et sociale ? En quoi consiste le métier d’architecte ? Voici quelques éléments de réponses pour vous guider et parfaire vos connaissances à l’approche des Journées nationales de l’architecture des 18, 19 et 20 octobre prochain.



Musée national du Moyen Âge (musée de Cluny), Paris (architecte : Bernard Desmoulin). La nouvelle extension du musée de Cluny a été choisie pour représenter la région Île-de-France sur l'une des 17 affiches de la 4e édition des Journées nationales de l'architecture.


QU’EST-CE QUE L’ARCHITECTURE ?

La reconnaissance de la production architecturale du XXe siècle et le soutien à la création architecturale contemporaine sont des priorités du ministère de la Culture. Le XXe siècle a été particulièrement prolifique, dans un contexte particulier entre Reconstructions, équipement du territoire, résorption de la crise du logement et renouveau des modes d’habiter. La production a été foisonnante, créative, parfois remarquable voire exceptionnelle. Depuis les années 1990-2000 un mouvement de patrimonialisation émerge, qui ouvre de nombreuses questions relatives à l'évolution possible, et souhaitable de ces réalisations. En parallèle, la production architecturale contemporaine, si elle est toujours marquée par les questions du logement et de l’urbain, met davantage en avant des thématiques en lien avec le développement durable : gestion des risques et des ressources, retour du bois et autres « éco matériaux » dans la construction notamment. Le ministère s’intéresse non seulement à cette production spatiale, mais aussi au cadre qui la conditionne. Ainsi l’exercice professionnel, la formation et la recherche en architecture sont également des sujets fondamentaux.

LE LABEL « ARCHITECTURE CONTEMPORAINE REMARQUABLE » :

Créé en 1999 sous le nom de « Patrimoine du XXe siècle », ce label est devenu « Architecture contemporaine remarquable » en 2016. Il distingue les réalisations architecturales de moins de 100 ans, présentant un intérêt architectural et technique, mais ne bénéficiant pas d’une protection au titre des Monuments historiques. Il entend également sensibiliser le public aux richesses de cet héritage et l’inciter à œuvrer pour sa protection.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter l’article  https://journeesarchitecture.culture.gouv.fr/Actualites/Le-label-Architecture-contemporaine-remarquable-fete-ses-20-ans.


Médiathèque André Malraux, Strasbourg (architectes : Jean-Marc Ibos & Myrto Vitart). Ce bâtiment a été choisi pour représenter la région Grand Est sur l'une des 17 affiches de la 4e édition des Journées nationales de l’architecture.


COMMENT LE MINISTÈRE DE LA CULTURE AGIT POUR LA MISE EN VALEUR DE L’ARCHITECTURE ?

En 2015, le ministère de la Culture présente les premières mesures de sa « Stratégie nationale pour l’architecture ». Issue d’un travail de concertation mené avec les acteurs et professionnels du secteur, elle a pour objectif de valoriser une discipline et une pratique fondamentales pour le confort et la qualité de vie de tous et de créer les conditions pour permettre à l’architecture de développer des réponses ingénieuses aux questions et défis d’avenir. La « Stratégie nationale pour l’architecture » s’organise autour de 3 thèmes : sensibiliser, innover, développer et se décline en 30 mesures et 6 axes stratégiques :

  • Sensibiliser et développer la connaissance de l’architecture par le grand public et l’ensemble des acteurs publics et privés de la construction via une refonte ou une mise en valeur des dispositifs existants (évolution du Grand prix national de l’architecture..) ou la création de nouveaux événements (Journées nationales de l’architecture) ;
  • Prendre en compte l’héritage architectural des XXe et XXIe siècles et développer l’intervention architecturale pour valoriser et transformer le cadre bâti existant, ce qui inclut la mise en valeur de l’architecture récente, l’instauration d’un dialogue sur son insertion dans les projets d’aménagement ou l’évolution du label « Patrimoine du XXe  siècle » ;
  • Articuler formation-recherche-métiers et rapprocher les univers professionnels de l’architecture, de la construction et du cadre de vie à travers le renforcement des liens entre le monde de la recherche et les Écoles nationales supérieures d’architecture, la reconnaissance et la valorisation des missions des ENSA et le renforcement de leur ancrage scientifique et économique au niveau territorial ;
  • Identifier et mobiliser partout les compétences d’architecture pour soutenir la demande d’architecture de qualité des citoyens et des territoires. Ceci implique notamment d’améliorer la lisibilité des missions d’architecture au sein des DRAC ou de réaffirmer l’importance des missions des conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) ;
  • Distinguer la valeur économique de l’architecture et accompagner les mutations professionnelles en étudiant la valeur et l’impact économique matériel et immatériel de l’architecture ;
  • Soutenir la démarche expérimentale et la valeur culturelle de l’architecture qui doit demeurer un levier d’innovation pour répondre aux défis économiques, techniques et sociaux du XXIe siècle. 

Quels acteurs institutionnels et réseaux œuvrent pour la protection et la mise en valeur de l’architecture à l’échelon national et régional ?

Services déconcentrés du ministère de la Culture, les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) sont chargées de mettre en œuvre, sous l’autorité du préfet de région, la politique culturelle définie par le Gouvernement. Elles exercent également une fonction de conseil et d’expertise auprès des partenaires culturels et des collectivités territoriales dans tous les secteurs d’activité du ministère.

Au sein des DRAC, les Unités départementales de l’architecture et du patrimoine (UDAP) œuvrent pour la promotion d’un aménagement qualitatif et durable du territoire, où paysage, urbanisme et architecture entretiennent un dialogue raisonné entre dynamiques de projet et prise en compte du patrimoine. Elles sont placées sous l’autorité d’un chef de service, architecte des bâtiments de France (ABF), qui est également le conservateur des monuments historiques appartenant à l’État.

La Cité de l’architecture et du patrimoine (CAPA), établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministère de la Culture, a pour mission d’assurer la promotion de l’architecture française, en France comme à l’étranger, de former à l’architecture des publics variés, de fournir des ressources aux professionnels, historiens et chercheurs et de promouvoir la création architecturale contemporaine.

En lien avec les universités et les établissements d’enseignement supérieur sur le territoire, le réseau des vingt écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA), établissements publics placés sous la tutelle de la Direction générale des patrimoines, participe à l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche par la qualité de son offre de formation, la dynamique de sa recherche, l’organisation des études selon le modèle LMD (grade de licence, master et doctorat) et le système européen de transfert et d’obtention de crédits.

Le Conseil national (CNOA) et les 17 Conseils régionaux de l’Ordre des architectes (CROA) représentent la profession auprès des pouvoirs publics, garantissent la qualité du service architectural, accompagnent les architectes dans leur exercice et œuvrent à la promotion de l’architecture auprès du grand public.

Dans le cadre d’une politique de valorisation et d’animation de l’architecture et du patrimoine initiée dès 1985, le ministère de la Culture a établi un partenariat avec les collectivités territoriales, qui s’est notamment concrétisé par l’attribution des labels Villes et Pays d’art et d’histoire. Ce réseau compte aujourd’hui 119 Villes d’art et d’histoire et 71 Pays d’art et d’histoire.

Les Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) sont des organismes départementaux issus de la loi sur l’architecture du 3 janvier 1977. Ces structures associatives forment un réseau qui a pour objet la promotion de la qualité de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement. Quatre grandes missions d’intérêt public sont assignées aux 93 CAUE existants sur le territoire : conseiller, informer, sensibiliser, former.

Le réseau des Maisons de l’architecture compte 33 Maisons de l’architecture (MA). Il exerce des activités d’information, de communication et d’échanges sous les formes les plus diverses (expositions, débats, visites, actions pédagogiques, voyages, ateliers) dans le domaine de l’architecture et à l’attention de tous publics.

Les Journées nationales de l’architecture des 18, 19 et 20 octobre 2019 s’appuient sur la grande mobilisation de ces réseaux.


Musée archéologique de Mariana, Lucciana (architecte : Pierre-Louis Faloci). Ce bâtiment a été choisi pour représenter la région Corse sur l'une des 17 affiches de la 4e édition des Journées nationales de l’architecture.


QU’EST-CE QUE LE MÉTIER D’ARCHITECTE ?

Il est impossible de parler d’architecture sans évoquer la figure centrale de l’architecte, également mise à l’honneur lors des Journées nationales de l’architecture. L’architecte est un professionnel qui intervient sur la construction, l’aménagement ou la rénovation d’un édifice public ou privé quel que soit son usage. Il aide à matérialiser les idées d’un client (particulier, élu local, promoteur, industriel…) et le guide dans tout le processus de construction. Il crée et gère un projet dans son intégralité depuis sa conception jusqu’à sa réalisation et assure le suivi du chantier. Il possède une vision globale du projet et en maîtrise toutes les contraintes (urbanistiques, budgétaires, environnementales, administratives…). Son intervention est obligatoire pour tout projet architectural faisant l'objet d'une demande de permis de construire (sauf cas dérogatoires prévus par l'article 4 de la loi sur l'architecture). Le métier d’architecte est une profession réglementée et soumise à un code déontologique. Il dispose en cela d’une mission d’intérêt général et s’engage à enrichir le paysage de ses réalisations et à sauvegarder le patrimoine culturel commun. Les 18, 19 et 20 octobre 2019, des centaines d’architectes vous invitent à découvrir leur métier et vous ouvrent les portes de leurs agences à l’occasion de la 4e édition des Journées nationales de l’architecture.

L’AGENCE D’ARCHITECTURE :

Il s’agit d’une structure d’activité ou organisme dans lequel architectes, ingénieurs, dessinateurs et représentants d’autres disciplines élaborent des projets architecturaux pour le compte de l’État, d’une collectivité territoriale ou du secteur privé.

[1] Article 1er de la loi n°77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture