Portrait - AW² : Qualité architecturale et flexibilité pour une architecture internationale contextualisée

Publié le 30.09.2019
Reda Amalou and Stéphanie Ledoux portrait

Fort d’une expérience à l’étranger, Reda Amalou décide de créer son agence en 1997. Stéphanie Ledoux le rejoindra deux ans plus tard pour former une équipe d’associés travaillant main dans la main au service d’une architecture qui s’adapte au projet et au contexte dans lequel il s’insère. Bénin, Costa Rica, Vietnam, tout est à leur portée ! 

Reda, Stéphanie, quels sont vos parcours personnels et professionnels ?

Reda Amalou : La création de l’agence s’est appuyée sur mon expérience à l’étranger. J’ai commencé à voyager très jeune en passant beaucoup d’années dans des lycées français à l’étranger, en Algérie, en Suisse et en Angleterre. J’ai réalisé mes études d’architecture, mon diplôme et mes premières années d’expérience à Londres dans diverses agences. À mon retour, j’ai travaillé à Paris et après une période d’expérience en indépendant, j’ai créé l’agence AW² en 1997. Elle s’est construite avec un modèle à forte tendance internationale puisque les projets à l’étranger comptent pour ¾ de notre activité.

Notre sensibilité reste européenne car nous nous sommes construits avec notre environnement et notre apprentissage de l’architecture en Europe. Mais cet apprentissage est ensuite mis à l’épreuve face aux différentes cultures et personnes que nous rencontrons, aux projets auxquels nous sommes confrontés, ce qui entraîne une porosité assez importante entre l’ici et l’ailleurs.

Dans l’ADN de l’agence, la notion de contexte est très importante aujourd’hui car elle doit être prise dans le sens le plus large possible, autrement dit, nous devons intégrer dans notre architecture des éléments qui viennent alimenter notre propre réflexion, et qui varient, des savoirs locaux au climat en passant par l’environnement.

Stéphanie Ledoux : Mon parcours est un peu différent car lorsque l’agence a été créée, j’étais encore étudiante à l'Ecole spéciale d’architecture à Paris. Après le diplôme, j’ai intégré l’agence AW² où j’ai débuté ma carrière professionnelle. L’agence était alors très jeune, avec seulement deux ans d’existence, et tout était à construire. Il fallait bâtir l’ADN, ainsi que lancer les projets. Un moment où les agences sont à la fois fragiles, avec peu de références, mais où tout peut arriver. Je suis devenue associée en 2003. Depuis, nous faisons évoluer l’agence AW² sur la qualité architecturale, une recherche permanente qui nous lie, aussi bien sur les projets d’architecture d’extérieur que d’intérieur.”

Atelier AW²

Comment définiriez-vous votre pratique aujourd'hui ? 

Stéphanie Ledoux : Aujourd’hui, nous sommes une trentaine de collaborateurs. Nous nous sommes organisés afin de pouvoir fonctionner de la manière la plus efficace possible puisqu’un des aléas de notre métier fait que les projets vont et viennent à un rythme qu’on ne maîtrise pas forcément. Il faut être capable de rebondir très vite pour se réadapter au contexte auquel nous devons faire face. Nous sommes donc organisés pour que chacun puisse être très flexible et agir sur un maximum de sujets possibles si cela devient nécessaire.

Reda Amalou : Au sein de l’agence, nous avons aussi élargi la palette de nos champs d’action puisque l’on travaille autant sur l’architecture, que sur les intérieurs ou le mobilier urbain. Aujourd’hui, nous développons de plus en plus ce savoir-faire complet. 

Quelle architecture imaginez-vous pour demain ? 

Stéphanie Ledoux : L’architecture du futur implique une manière de travailler qui consiste à réagir et à tout miser sur le contexte. À partir de cette thématique, nous pouvons isoler des sujets comme l’architecture environnementale et nous inscrire au mieux dans un environnement préexistant. En étudiant le contexte, nous prenons en compte tous les paramètres sur le site d’étude, qu’ils soient sociaux, climatiques, programmatiques ou culturels. Comme nous travaillons dans des pays différents, à chaque fois nous devons nous imprégner de tous les paramètres locaux pour pouvoir dessiner le projet qui va répondre à la question posée.

Pour nous, l’architecture du futur, c’est être capable d’oublier les écritures individuelles et se placer sur la juste réponse vis-à-vis du contexte. Notre terrain d’étude est vaste puisque nous pouvons être sur des projets en Chine, au Costa Rica, au Vietnam, au Maroc, etc. Il n’y a pas de stratégie ciblée sur un pays en particulier. Ce qui est précis, c’est notre capacité à nous adapter au contexte, aussi différent qu’il soit de notre lien d’attache.

Lycée français d'Amman Exterior view, Jordanie

Selon vous, qu'est-ce que l’architecture peut apporter à un public peu familier avec le métier ?

Stéphanie Ledoux : De plus en plus de jeunes se destinent à l’exercice de notre profession et parmi eux, certains avaient repéré l’agence l’année dernière lors des portes ouvertes. Ils sont venus parce qu’ils ont peu l’occasion d’aller au cœur du métier d’architecte. C’était très important d’être là pour jouer ce rôle.

L’autre point concerne la distance créée entre le public et l’architecture contemporaine, particulièrement en France. On veut absolument gommer cela car il n’y a pas de différence entre une architecture classique, traditionnelle et une architecture contemporaine. Il n’y a que de la bonne architecture et de la mauvaise architecture. Penser que le neuf est forcément moins bien qu’avant doit être combattu car le risque est d’avoir une mauvaise perception des projets neufs et donc mal accueillir les projets qui s’implantent dans la ville. 

Ce que nous voulons dire au grand public, c’est que l’architecture, c’est tout simplement la création des espaces dans lesquels vous êtes amenés à vivre. Vous devez vous les approprier et comprendre comment, pourquoi et à quelles fins ils sont conçus par les architectes. 

Pourquoi participez-vous aux JNArchi ? 

Stéphanie Ledoux : Nous avions été nominés pour le grand prix AFEX, les architectes français à l’export, une association dont Reda est trésorier. À cette occasion, la secrétaire générale de l’association nous a proposé d’ouvrir l’agence lors des journées portes ouvertes, c’était l’occasion de mettre en avant le grand prix.

Nous étions contents de toutes les réactions des visiteurs qui étaient vraiment ravis, et c’est pour cela que nous souhaitons renouveler l’expérience cette année, pour en faire quelque chose d’encore plus riche. 

Qu’avez-vous prévu pour les JNArchi 2019 ?

Joanna Stauch : Tout un parcours sera organisé à l’agence : nous allons exposer des photos de nos projets phares. Notre matériauthèque montrera les échantillons des matériaux emblématiques de nos projets. Il s’agit d’un élément très important dans la manière de concevoir les projets.

Nous présenterons également des films sur nos réalisations et des maquettes seront exposées pour comprendre le côté tridimensionnel des projets. Les architectes seront sur place pour faire visiter les ateliers et présenter les projets en cours. Un coin lecture avec des dossiers de présentation, des brochures et des revues de presse sera aménagé. Nous avons choisi une approche très polyvalente où le grand public pourra en apprendre plus sur le métier de l’architecte.

AW² studio - maquette

Retrouvez AW² pour les JNArchi 2019 >>
AW²
74 rue Bonaparte,
75006 Paris - France
Le samedi 19 octobre 2019 et le dimanche 20 octobre 2019
https://www.aw2.com/
https://www.instagram.com/aw2_architecture/