Rencontre avec Elodie Calvard : ouvrir le champ des possibles pour trouver les solutions de demain

Publié le 13.10.2020
Après une expérience professionnelle dans plusieurs ateliers d’architecture, Élodie Calvard est venue travailler à Toulon auprès de son père, lui aussi architecte. Leur agence répond à des commandes variées : réhabilitation de bureaux, conception de maisons individuelles et quelques marchés publics. Une diversification complexe qu’Élodie Calvard tente de préserver. Pour en savoir plus, nous l’avons interrogée sur son métier au quotidien.

Pourquoi avoir choisi le métier d’architecte ?

Je suis venue à l’architecture par le dessin. J’ai toujours eu une pratique artistique mais j’ai d’abord étudié les sciences humaines. Finalement, je me suis dirigée vers ce métier pour son aspect créatif qui me permettait de renouer avec le dessin. Mon père est architecte et j’avais donc une bonne connaissance du métier. Aujourd'hui, ce qui m’intéresse, c’est aussi la transversalité des disciplines. Lorsque l’on fait de l’architecture, il faut s’intéresser à la ville, son histoire et ses habitants.

Architecte est un métier créatif soumis à de nombreuses contraintes. Même si nous devons répondre à une commande précise, la dimension créative demeure. C’est ce qui rend le métier si intéressant et attractif. Notre défi est de chercher des solutions, peu importe la taille des projets. Bien que la part de créativité dans mon temps de travail ait tendance à se réduire, il y a toujours une phase de recherche stimulante. D’ailleurs, dans notre atelier, nous travaillons encore beaucoup à la main pour créer des esquisses.

 

Quelle est la répercussion des événements récents ?

La crise sanitaire a mis le doigt sur les problèmes qui existaient déjà. Elle nous a montré que l’on peut vivre différemment, que nous sommes capables de changer nos modes de vie, de nous adapter aux contraintes et situations. Il est nécessaire de repenser la ville, avec tous les habitants, y compris avec ceux qui vivent en périphérie, loin des centres-villes. Il faudrait donner plus de place aux architectes dans cette transformation.

 

Comment les architectes peuvent-ils contribuer et améliorer la ville ?

La particularité de notre métier est d’être au croisement de différentes disciplines. Un projet s’inscrit toujours dans un contexte à multiples échelles, de la rue au quartier. Au quotidien, nous sommes contraints par les règlements d’urbanisme, assez stricts, même s’ils peuvent aller dans le bon sens. Nous devons réussir à proposer un projet intéressant malgré les contraintes.

Selon moi, il s’agit surtout de changer notre façon de voir les choses et de travailler. Envisager plusieurs possibilités pour un même problème, c’est déjà chercher à améliorer la ville. Cette démarche est essentielle, c’est un état d’esprit qui nous permet d’avancer avec l’idée que l’on peut faire toujours mieux. Notre métier consiste à chercher des solutions, ouvrir le champ des possibles, imaginer comment faire autrement, pour changer nos villes et nos espaces de vie.

 

Racontez-nous une expérience urbaine qui vous inspire pour créer la ville de demain.

Je trouve l’ombrière du vieux port de Marseille très inspirante. Ce projet a été conçu par l’architecte Norman Foster et le paysagiste français Michel Desvigne, dans le cadre de la requalification du vieux port. L’immense ombrière attire du monde dans un espace assez vide. C’est un objet qui appelle à l’interactivité, dans le plafond duquel on se reflète grâce à l’installation de plaques d’inox réfléchissantes.

Selon moi, ce projet est particulièrement réussi et élégant. Il répond à différents besoins : créer de l’ombre, développer le lien social entre ceux qui passent et ceux qui s’y retrouvent. On peut également y créer des évènements, ce qui fait vivre la ville. Ce sont ces expériences qui me donnent envie de faire mon métier !

 

Retrouvez l’agence Calvard Architecte pour les JNArchi 2020 >>
Square Jacques Boyer
Avenue de l’infanterie de Marine
83000 Toulon
Les 16 et 17 octobre 2020
calvardarchitecte.fr