Rencontre avec Fabienne Vanderbecq : être architecte, c'est rendre service !

Publié le 11.09.2020

En septembre 2008, Fabienne Vanderbecq crée l'agence d'architecture FAVA notamment pour apporter ses services d’architecte aux particuliers de la région lilloise. En 2017, l'agence FAVA devient DUC-FAVA lorsque l’architecte d'intérieur Florence DUC la rejoint afin de compléter l’offre pour les particuliers en matière de réaménagement intérieur de leur logement.

Spécialisée dans les maisons passives, l’agence propose aussi une approche centrée sur la bio-conception et le low-tech. Ayant plus d’une corde à son arc, Fabienne Vanderbecq intervient également dans la conception de bureaux et d’équipements. 

Pour en savoir plus, nous nous sommes entretenus avec elle. 

Pourquoi être devenue architecte ?

En tant qu’architecte, il faut être ouvert à l’humain, à la culture, à l’actualité. Notre métier nous permet de nous intéresser à tout. Aussi, chaque projet est différent, nous ne faisons jamais deux fois la même chose. Pour un même type de bâtiment, les demandes peuvent vraiment diverger en fonction des clients. Nous devons donc faire du sur-mesure, ce qui apporte une grande diversité. 

Quelle est la vision de l’architecture que vous portez au quotidien ? 

Avec l’expérience, je trouve que chaque mètre carré doit être utile. J’évoque ici les habitations, notamment les maisons individuelles, où j’interviens beaucoup sur des projets d’extension et de surélévation. J’aime revenir à l’essentiel et poser la question de l’utilité des projets entrepris car souvent des solutions peuvent être apportées en repensant simplement l’espace. En tant qu’architectes, notre objectif n’est pas simplement de produire de la surface mais plutôt d’accompagner nos clients pour une meilleure conception de leurs espaces en fonction de leurs besoins. 

Comment la crise sanitaire a-t-elle changé votre quotidien ? 

Nous sommes basés sur la métropole lilloise où le terrain est très cher. Il est donc difficile de construire et les contraintes urbanistiques y sont restrictives. Depuis le confinement, les appels s’enchaînent pour des projets d’extensions ou surélévations. Les clients ont eu le temps ces derniers mois de bien mûrir leur projet. Pour être honnête, je pensais que le confinement conduiraient les gens à des situations plus précaires. Intuitivement, je m’attendais à moins de commandes et pourtant nous avons des appels de personnes véritablement décidées

 

La nouveauté, c’est la question du télétravail. Dans beaucoup de cas, il s’agissait de créer un bureau qualitatif. Dans l’urgence, les coins bureau ont été aménagés dans des chambres annexes, souvent devenues au fil des années des débarras. Aujourd’hui, les gens ne sont pas souvent chez eux et dès qu’ils sont en vacances, ils partent. Avec le confinement, beaucoup ont pris le temps de vivre dans leur logement, ils l’ont investi et constaté ce qu’il manquait. 

Comment, en tant qu’architecte, accompagnez-vous ce type de réflexion ?

J’essaye d’aller au-delà de la commande. Y-a-t-il vraiment besoin d’espace en plus ? Quel est le réel besoin des clients ? Il s’agit d’ouvrir des possibilités car ils ne se rendent pas forcément compte du potentiel de leur habitat, ce qui permet d’accompagner leurs décisions.

Est-ce que vous sentez que le rôle des architectes est en train d’évoluer ? 

Je ne trouve pas. Notre profession n’investit pas encore assez le marché du particulier et souffre d’une mauvaise image. Notre agence fonctionne grâce au bouche à oreille car le grand public ignore notre utilité. Encore de nombreux architectes, notamment les grandes agences, ne travaillent pas sur les petites commandes de particuliers. Alors, le travail de l’architecte est associé aux grands projets.

Or, notre métier c’est aussi rendre service et être force de propositions pour donner des idées. Notre particularité c’est de voir l’espace, d’être capable d’optimiser et faire gagner de la surface. J’apporte un nouveau regard, je propose aux clients une autre solution qui n’a rien à voir avec leur idée initiale. Ils ont la possibilité de revenir à leur version, mais ainsi ils ont un aperçu alternatif. En tant qu’architectes, nous ne sommes pas de simples dessinateurs, nous apportons des propositions nouvelles. 

Comment les architectes peuvent-ils contribuer à améliorer la vie quotidienne ? 

À mon sens, l’architecte doit rendre service au plus grand nombre, y compris pour des démarches simples. C’est là où l’architecte doit retrouver sa place. L’objectif n’est pas de viser systématiquement des prix d’architecture. Il y a des cas où je rends surtout service. Selon moi, c’est une autre fonction de l’architecture. Les particuliers ont besoin de petits travaux qui ont un impact sur leur vie quotidienne. Notre professionnalisme permet de les accompagner. J’apporte aussi toute une vision écologique, dans une démarche de frugalité en matière d’énergie et de surface.

Dans la petite commune où je suis installée, si les habitants souhaitent changer leur logement, ils sont confrontés à des services techniques municipaux dans l’incapacité de leur répondre. Concrètement, à mon échelle, j’ai donc proposé à la mairie d’accueillir à raison d’une d’une heure par mois, de manière gracieuse,les personnes qui souhaitent poser leurs questions et être conseillées.. 

J’apporte une réponse concrète. Les architectes doivent se rendre utiles. Même pour des petits projets, faire appel à nous est pertinent. Pour permettre cette prise de conscience, il faut se rendre accessible et visible, être plus humbles. Et les Journées nationales de l’architecture, c’est un évènement qui nous permet de donner la possibilité à tous de venir nous voir et d’encourager cette démarche.  

Racontez-nous ce vous inspire pour créer la ville de demain. 

Mon inspiration au quotidien, c’est de regarder les matériaux bruts et la composition de la structure. J’ai une collection de photos de matériaux, d’images où la main de l’homme n’est pas franche et où la nature a fait son œuvre. Cela me fascine. 

 

Retrouvez Fabienne Vanderbercq pour les JNArchi 2020 >>
FAVA Architecture
38 rue des Frères Hollebcque
59117 WERVICQ SUD

Du 16 au 18 octobre 2020 

www.architectes-pour-tous.fr/fava-architecture