L’été 2026 a été l’un des plus chauds : selon Météo France, il a égalé en durée la plus longue vague de chaleur jamais enregistrée, en 1983, mais avec une intensité supérieure. Les chiffres du bilan climatique du mois de juillet, établis par Météo France (analyse depuis 1900) sont édifiants : une moyenne de 24,9°C, soit 3,8°C de plus que la normale. Face à ce constat, la réhabilitation apparaît comme un levier essentiel pour adapter ce bâti aux nouvelles contraintes climatiques et améliorer le confort des habitants, un projet au cœur des actions du ministère de la Culture.
Pourquoi adapter le bâti ?
Lors d’une période de canicule, un logement mal isolé peut connaître d'importantes surchauffes entraînant de graves conséquences sur la santé de ses occupants, notamment les plus vulnérables.
À l’heure où les températures moyennes pourraient augmenter de 2°C en France d'ici le milieu du siècle, comme le rappelle l’Accord de Paris, adapter le bâti constitue un enjeu de santé publique. L'objectif est d'améliorer le confort thermique des habitants lors des vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues.
La réhabilitation améliore dans le même temps la performance énergétique des logements, tout en contribuant à mieux protéger le patrimoine bâti sur le long terme.
Isolation, ventilation, végétalisation : préparer au climat de demain
Les projets de réhabilitation peuvent associer plusieurs solutions complémentaires pour répondre à ces enjeux.
Le renforcement de l'isolation des murs, des toitures ou des menuiseries limite les déperditions de chaleur en hiver, tout en ralentissant les surchauffes estivales. Cette approche améliore le confort thermique, tout en réduisant les besoins en chauffage et en climatisation.
L'amélioration de la ventilation naturelle constitue un autre levier d'adaptation. La création ou l'agrandissement d'ouvertures ou la réorganisation des logements en vue d’une ventilation traversante favorisent la circulation de l'air et l’évacuation de la chaleur accumulée, sans recourir systématiquement à des équipements de refroidissement. Elle peut être complétée par l’installation de brise-soleil, de volets ou de stores extérieurs qui limitent le rayonnement direct sur les façades et les fenêtres.
À l'extérieur, la végétalisation des toitures, des façades ou des cours participe au rafraîchissement des bâtiments et à la réduction des îlots de chaleur urbains.
En complément, l’installation de dispositifs de récupération des eaux de pluie permet de préserver la ressource en eau pour certains usages, comme l'arrosage des espaces verts ou l'entretien des bâtiments.
L'architecte au cœur de l'adaptation des villes
Adapter un bâtiment au changement climatique ne résulte pas de la seule addition de solutions techniques. Chaque projet doit tenir compte de l'histoire du bâtiment, de son orientation, son environnement et ses matériaux, des usages de ses occupants, mais aussi des évolutions climatiques attendues sur un territoire donné.
L'architecte joue un rôle central dans cette démarche. Dès la conception, il analyse les contraintes et les atouts du bâti existant afin d'identifier les réponses les plus adaptées.
Des actions concrètes pour la réhabilitation
Les enjeux de réhabilitation du patrimoine bâti sont au cœur de la stratégie nationale du ministère de la Culture : l’architecture dessine notre cadre de vie et constitue une réponse en termes d’adaptation au changement climatique. Depuis 2023, par exemple, le palmarès RéHAB met en lumière des projets exemplaires de réhabilitation de constructions de la seconde moitié du XXe siècle.
Adapter, c’est également transformer les pratiques professionnelles, donc faire évoluer les formations des filières architecture et paysage. C’est par exemple l’objectif du projet Transitions Architecture Paysage, initiative nationale qui entend préparer les compétences nécessaires pour répondre notamment aux besoins de réhabilitation.
Pour préparer la ville de demain, il est ainsi essentiel de sensibiliser et d’accompagner les professionnels du secteur, finalité du guide de réhabilitation énergétique du bâti d’intérêt patrimonial. Il entend faciliter la conception de projets en proposant un outil conciliant performance énergétique et préservation du patrimoine.
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