La construction d’un bâtiment de logement neuf mobilise 40 à 80 fois plus de tonnes de matériaux que la rénovation d’un édifice existant de surface égale, selon l’Agence de la transition écologique (ADEME). la réhabilitation consiste justement à préserver et valoriser les ressources déjà présentes dans un bâtiment pour limiter l'empreinte environnementale d’un projet. À l’honneur de la 11e édition des Journées nationales de l’architecture, elle s'impose comme un terrain d'application privilégié de l'économie circulaire.
Faire des bâtiments existants une réserve de ressources
Réhabiliter ne consiste pas seulement à conserver un bâtiment, mais aussi à porter un regard différent sur les matériaux qui le composent. La réhabilitation privilégie la valorisation des ressources existantes plutôt que le recours systématique à des matériaux neufs, dans une logique de frugalité.
Portes, pierres, poutres en bois, éléments de façade, équipements sanitaires ou revêtements peuvent être déposés puis réemployés dans le même bâtiment ou sur un autre chantier. Cette démarche permet de prolonger leur durée de vie, tout en limitant la consommation de ressources nécessaires à la fabrication de matériaux neufs.
La réhabilitation, un pilier de l'économie circulaire
Pendant longtemps, les matériaux issus des démolitions étaient principalement considérés comme des déchets. Si tous les matériaux ne peuvent pas être conservés ou réemployés, leur recyclage permet de produire de nouvelles matières premières.
Il est par exemple possible de transformer du béton en granulats, tandis que les métaux, le bois ou le plâtre peuvent être valorisés avant de réintégrer le cycle de production sous une nouvelle forme.
Le recyclage limite ainsi le volume de déchets envoyés en décharge et l'extraction de nouvelles ressources, contribuant aux objectifs de l'économie circulaire et à la réduction de l'empreinte carbone des opérations de réhabilitation.
L'architecte, acteur clé de cette démarche
Cette démarche influence directement les choix architecturaux. Plutôt que de concevoir un édifice avant de sélectionner les matériaux, l'architecte adapte son projet de réhabilitation aux ressources disponibles.
Avant toute intervention, il réalise un diagnostic du bâtiment afin d'identifier les éléments pouvant être conservés, réemployés ou orientés vers des filières de recyclage, en tenant compte de leur état, de leur potentiel et des contraintes réglementaires. Il coordonne son intervention avec les bureaux d'études, les entreprises et les spécialistes du réemploi afin d'organiser la dépose, le reconditionnement et la réintégration des matériaux dans le projet.
Cette démarche traduit une évolution profonde de la pratique architecturale, un bâtiment existant n'étant plus considéré comme une contrainte, mais comme une réserve de ressources.
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